David Copperfield

David Copperfield, magicien

David Copperfield

De son vrai nom David Seth Kotkin, David Copperfield est un illusionniste américain né le 16 septembre 1956 à Metuchen, au New Jersey. Selon le magazine Forbes, il est le magicien qui a connu le plus grand succès commercial de tous les temps.

Son apport au monde de la prestidigitation est comparable à celui de Jean-Eugène Robert-Houdin en son temps. Il a influencé des dizaines de magiciens, dont Kamel le magicien ou Mickaël Châtelain en France.

David Copperfield débute sa carrière sous le pseudonyme Davino. Le jeune illusionniste présente de petits spectacles dans sa ville natale, dans le cadre d’anniversaires et autres festivités. Incontestablement surdoué, il devient a douze ans le plus jeune illusionniste à être admis à la SAM, the Society of the American Magicians, une des plus prestigieuses sociétés de prestidigitateurs au monde.

Deux ans plus tard, il crée son premier show. À 16 ans, il étudie la prestidigitation et l’histoire de la magie à l’université Fordham, à New York. Il arrête ses études après avoir décroché un contrat pour une comédie musicale, The Magic Man, produite à Chicago. C’est pour ce show qu’il emploie pour la première fois le nom de David Copperfield.

Précoce, le jeune David Koktkin est recruté par la chaine américaine ABC pour réaliser et mettre en scène une série autour du monde de la prestidigitation ; Cette émission se nommera finalement « David Copperfield’s Magic« . C’est un immense succès en termes d’audience. Les spectateurs affluent devant leur écran. Dès lors, la chaine CBS le débauche pour diffuser une série de spectacles de magie pour la télévision. Cette série s’intitule « David Copperfield TV Specials ». L’illusionniste est devenu depuis cette période le prestidigitateur le plus connu aux quatre coins de la planète.

David Copperfield, le magicien qui a connu le plus grand succès commercial de tous les temps

David Copperfield devient une méga-star et une référence dans son domaine. Cet énorme succès et sa médiatisation (avec sa petite amie de l’époque Claudia Schiffer) ne doit rien au hasard. Il faut dire que ce prestidigitateur cumule les qualités professionnelles. Une inventivité à toute épreuve, un charisme indéniable, des talents d’organisateur et de danseur. Son physique n’est pas étranger non plus à son succès.

Mais le grand public retient surtout de lui ses grandes illusions, absolument démesurées. A tel point que selon le magazine Forbes, il est le magicien qui a connu le plus grand succès commercial de tous les temps. La même publication estime que sa fortune est estimée à 800 millions de dollars. Le Livre Guinness des records a calculé qu’il a vendu plus de tickets dans sa carrière que n’importe quel autre artiste en solo.

Son sens de la mise en scène fait des merveilles, empreint d’un certain gigantisme. Son univers fait de nombreuses références à son enfance et ses assistants sont réellement inclus dans cette mise en scène. Cette dernière inclue des danseurs. En ce sens, la magie n’est qu’un élément du spectacle complet.

Apôtre du gigantisme,  il mise sur l’émotion et le suspens. Ses confrères louent sa créativité et ses techniques et mises en scènes novatrices.

Parmi ses numéros qui ont marqué l’histoire de la prestidigitation et de la télévision : une lévitation au-dessus du Grand Canyon, la disparition d’un jet privé, la traversée de la Grande Muraille de Chine, la disparition de la Statue de la Liberté, la descente des chutes du Niagara, la disparition d’un wagon de l’Orient-express. Mais son numéro le plus célèbre est Flying où il réalise le rêve d’Icare.

Pour autant, il ne néglige pas la magie close-up, de proximité. Comme Luc Langevin ou Alain Choquette, ses effets sont filmés avec une caméra et retransmis en gros plan sur écran géant, avec des pièces de monnaie, cartes, cigarettes, etc.

Depuis 2003, il présente le spectacle « David Copperfield: An Intimate Evening Of Grand Illusion », au MGM Grand Las Vegas. Il partage sa vie entre Copperfield Bay, un archipel de onze îles aux Bahamas, qu’il s’est offert en 2006 pour 50 millions de dollars et sa nouvelle demeure à Las Vegas.

David Copperfield a été sélectionné 35 fois au Emmy Awards et en a remporté 21. Cependant, il n’a reçu que très peu de récompenses de la part de ses confrères.

En France, il est le premier magicien à être chevalier des Arts et des Lettres, il s’est également vu décerner un Mandrake d’or.

Respecté par ses pairs, le prestidigitateur américain est apparu à plusieurs reprises au cinéma :
· Il a joué le rôle d’un magicien dans un film d’horreur, Le Monstre du train, en 1980.
· Il a fait une apparition dans l’épisode 9 de la Saison 2 de la série Scrubs, en 2002.
· LDavid Copperfield a été consultant pour Le Prestige de Christopher Nolan réalisé en 2006.
· David Copperfield apparait dans un épisode de la série Les Sorciers de Waverly Place en 2011.
· En 2013 il incarne son propre rôle dans The Incredible Burt Wonderstone.
· En 1989 son ami Michael Jackson l’invite dans le clip Liberian Girl
· En 2016, il participe à la réalisation du film « Insaisissables 2 », son nom figure dans le générique de fin du film

Depuis plus de 30 ans, il reste LA référence en matière de grandes illusions. Seule sa tournée mondiale en 2005 n’a pas convaincu. Comme Houdini, David Copperfield est et restera une figure incontournable et inoubliable, une légende. LE magicien du XXème siècle pour beaucoup.

Le documentaire « 15 ans de Magie » de 1993, retrace ses débuts à la télévision en 1977, depuis son incroyable série de grandes illusions, jusqu’à sa consécration en 1993 : l’étoile sur le « Walk of Fame » d’Hollywood boulevard. Au côté de ses illusions qui ont marqué le monde entier, le documentaire est riche en images d’archives où l’on découvre le magicien en close up man accompli. Avant de devenir le spécialiste des méga illusions, David Copperfield fut un prestidigitateur polyvalent d’une grande habileté. La séquence dédiée au close-up nous le prouve : lévitation d’un kleenex, carte déchirée en son coin qui se retrouve derrière une fenêtre de train etc.

D’Houdini à David Copperfield

Le génie de David Copperfield est d’avoir compris que la magie est un langage universel capable de toucher tous les peuples toutes les générations, avec une mise en scène sobre et efficace. Doté d’une grande culture et maîtrisant sur le bout des doigts l’histoire de la prestidigitation , David Copperfield ne s’inspire également de ses aïeux notamment Harry Houdini, auquel il emprunte un certain sens du spectaculaire et de la publicité. Il pousse même le mimétisme jusqu’à reproduire certaines illusions d’Houdini : David Copperfield ira même jusqu’à reproduire certaines illusions de ce pionnier de l’escapologie : L’évasion d’un coffre fort (Imploding building), d’une camisole d, ce force (Fires of passion), des chutes du Niagara, ou d’un container rempli d’eau. À ce niveau là, ce n’est même plus du plagiat mais un hommage !

Flying

Il a définitivement marqué les esprits avec des illusions qui sont devenues à la fois sa marque de fabrique et impose son style aux yeux du monde entier, devant des millions de spectateurs rassemblés devant leur petit écran. Flying lui a demandé 7 ans de préparation ! Son illusion la plus reconnue à travers le monde. Si certains petits malins ont réussi à divulguer via Internet et secret de ce prodige, le tour en lui-même reste et restera incontestablement la référence ultime en matière de lévitation. De tous temps l’homme a voulu voler, c’est un rêve commun au plus grand nombre qui prend racine dans le mythe d’Icare.  L’apogée est atteinte quand il invite une spectatrice à voler avec lui. Le rêve devient également réalité pour le commun des mortels !

« La scie de la mort » / « Death saw »

« La scie de la mort » induit une tension, qui est palpable et qui rend le tour encore plus fort. David Copperfield n’a pas son pareil pour mettre le spectateur sous adrénaline. On frôle la perfection en terme de chorégraphie ! Le compte à rebours mettant la scie en action induit la notion de temps. Une nouvelle fois, l’illusionniste fait une référence à Houdini. Le tout est saupoudré d’une bonne dose d’humour, quand il découvre, coupé en deux, ses pieds.  L’occasion pour l’illusionniste d’aborder les thèmes qui lui sont chers : le temps, la mort, les rêves, qui font partie de son oeuvre.

La traversée de la grande muraille de Chine / The great wall of China 

Comme la statue de la LibertéDavid Copperfield s’attaque à un nouveau symbole national. Ce n’est pas un hasard s’il choisit ce lieu pour réaliser son illusion. Il s’inscrit lui-même dans le mythe. Une fois encore, le perfectionnisme du prestidigitateur est à l’oeuvre. Son sens du détail fait merveille, avec la présence d’un appareil captant son rythme cardiaque. Le cadrage précis, qui fait la part belle au hors-champ, demeure au service de l’illusion : une cabine où est enfermé le magicien, une pénétration du mur suggérée en ombre chinoise, une disparition, une réapparition de l’autre côté de la muraille. David Copperfield dirige les regards là où bon lui semble. Pourtant, il est cerné de toutes parts. C’est du grand art, confirmant un peu plus son statut de superstar de la magie.

Pour en savoir plus sur cet artiste, lisez David Copperfield, une vie de magie de Benoît Grenier aux éditions Amalthée, paru en 2008.

Hervé Troccaz

Le site officiel de David Copperfield