IceBreaker de Francis Girola : interview

IceBreaker de Francis Girola

Rencontre avec le mentaliste Francis Girola, créateur d’Ice Breaker (Magic Dream éditions)

Propos recueillis par Hervé Troccaz

Francis Girola, mentaliste
Francis Girola, mentaliste

Pouvez-vous vous présenter ? Depuis combien de temps pratiquez-vous la magie ? Le mentalisme ?

Je m’appelle Francis Girola, je suis un français résidant au Royaume-Uni depuis près de dix ans. J’ai commencé la magie lors de ma deuxième année en tant qu’assistant de langue à Glasgow, en Écosse. À l’époque, mon ambition était de devenir professeur d’anglais. J’ai tout d’abord commencé à pratiquer la magie comme activité brise-glace pendant mes cours. C’est évidemment un concept qui m’a suivi puisqu’il est au cœur même de IceBreaker, ma toute première création en mentalisme. Je me suis donc intéressé à cette discipline relativement tard, et ce qui n’était qu’un simple passe-temps s’est très vite transformé en véritable passion. J’ai quitté l’enseignement il y a sept ans maintenant. En un premier temps, j’ai repris mes études avec un master de littérature anglo-saxonne. Ensuite, j’ai décidé de me lancer entièrement dans le mentalisme. D’abord à mi-temps, en effectuant également une formation en hypnothérapie. Désormais, je suis professionnel à temps complet.

  • Quelles sont vos influences ? Les magiciens qui comptent pour vous ?

Les tout premiers « tours » que j’ai appris étaient des effets de mentalisme. Je suis d’abord tombé complétement par hasard sur des vidéos de James Randi expliquant des démonstrations de Uri Geller. C’est en reproduisant ces expériences que j’ai compris l’impact que ce type de présentation peut avoir. Un peu plus tard, j’ai découvert les émissions de Derren Brown. Pour moi, c’était de la « vraie » magie ! J’étais convaincu qu’il s’agissait réellement de techniques de PNL, de lecture du langage corporel ou encore des micro-expressions. Et lorsque j’ai compris que ce n’était peut-être pas forcément le cas, cela m’a intrigué encore plus. Au départ, j’étais donc essentiellement influencé par cette approche dite « psychologique » du mentalisme, désormais devenue classique. À présent, j’ai plutôt tendance à me tourner vers une perspective plus ésotérique. Dans ce courant, j’aime particulièrement ce que fait Luke Jermay, qui a lui aussi changé drastiquement de direction ces dernières années. Ensuite, parmi les magiciens qui ont beaucoup compté pour moi, il y a toutes les personnes que j’ai rencontrées en Écosse, à commencer par Roy Walton, qui m’a initié à la cartomagie et qui m’a présenté au Scottish Conjurers’ Association, un club local qui a près d’un siècle d’histoire. Enfin, il y a tous mes amis mentalistes de Glasgow et Édimbourg, qui m’ont quasiment tout appris dans ce domaine.

Dans quel cadre officiez-vous ? Êtes-vous professionnel ?

Je suis professionnel à temps complet depuis maintenant bientôt deux ans. J’officie principalement dans les cabarets et festivals, mais aussi pour des événementiels privés. J’ai récemment quitté l’Écosse pour venir travailler à Londres.

Vous considérez-vous plutôt comme un magicien ou un mentaliste ?

Personnellement, je me considère essentiellement comme un mentaliste. La différence entre la magie et le mentalisme peut être sujette à controverse, mais je suis totalement d’accord avec Bob Cassidy lorsqu’il expliquait qu’il s’agit de deux disciplines complètement distinctes non seulement sur le fond et la forme mais aussi d’un point de vue historique. Je pense donc qu’il est important de bien les garder séparées.

Comment le tour IceBreaker a-t-il vu le jour ?

IceBreaker de Francis Girola
IceBreaker de Francis Girola

Mon inspiration initiale était un effet de Stephen Young intitulé The Visionary. Lorsque je l’ai découvert, j’ai immédiatement vu le potentiel de transformer sa routine en une activité brise-glace que la plupart des gens reconnaissent. Par ailleurs, il me semblait plus intéressant de révéler des faits personnels plutôt que des objets. De fil en aiguille, j’ai ensuite trouvé une méthode originale qui me paraissait plus efficace. En fait, IceBreaker convenait parfaitement à mes besoins car j’avais envie de présenter dans mon spectacle des effets qui soient en rapport avec mon parcours et ma personnalité. Il s’agit donc de quelque chose que j’ai créé principalement pour moi et que je n’avais alors absolument aucune intention de commercialiser. Ce n’est qu’en montrant mes premières ébauches tout d’abord à mes amis mentalistes de Glasgow et puis à Stephen directement que j’ai réalisé que mon idée pourrait susciter un intérêt chez d’autres personnes. Depuis sa sortie originale l’an dernier, IceBreaker est utilisé régulièrement dans le monde entier, aussi bien par des amateurs que par des professionnels. Je connais également des gens qui s’en servent dans leur travail en dehors des prestations. Par exemple, certains l’emploient comme une authentique activité brise-glace lors de stages en entreprise. Ou encore, un ami qui travaille pour le service de répression des fraudes réalise fréquemment l’effet durant ses entretiens ; ce que je trouve assez ironique mais cela montre assez bien l’efficacité de la méthode. Je suis vraiment honoré de recevoir autant de commentaires positifs de la part des utilisateurs par rapport à ce que je considérais au départ comme une simple idée. Cela m’a donné confiance en mes capacités de créateurs. Depuis, j’ai sorti deux livrets digitaux (Never Bet The Devil Your Head et Leviathan) et je viens de produire un jeu de cartes ESP intitulé (R)emote, en association avec Phill Smith. J’ai aussi d’autres projets en préparation.

Quelles difficultés avez-vous rencontré dans son élaboration ?

Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières. L’élaboration des cartes m’a demandé le plus de temps car je tenais à avoir un résultat qui ressemble autant que possible à un véritable jeu de société. En un premier temps, Stephen Young m’a proposé de commercialiser IceBreaker sur son site. Par la suite, j’ai obtenu des contacts avec d’autres distributeurs comme Murphy’s et Penguin Magic.

Qui a réalisé  le graphisme ?

Je me suis occupé du graphisme des cartes et c’est Phill Smith qui a conçu la boîte.

Pourquoi l’avoir proposé en version anglaise ?

Étant donné que j’habite au Royaume-Uni, la majorité de mes prestations se font en anglais. Ainsi, quand j’ai développé IceBreakerpour mon spectacle, la question de la langue ne s’est même pas posée. C’est la sortie française qui a bien failli ne jamais se faire. Tout comme pour la version originale, elle s’est produite au hasard des rencontres. Je ne connais que très peu le milieu de la magie et du mentalisme français, et je ne savais pas si mon tour trouverait un public en France. C’est mon ami Christophe Ambre qui m’a tout d’abord présenté à Magic Dream, dont j’ai ensuite rencontré certains des membres à Blackpool cette année. C’est comme cela que la collaboration a commencé.

Trailer IceBreaker de Francis Girola

Crédit photo : Gavin Ross

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *