Jean-Eugène Robert-Houdin

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Jean-Eugène Robert-Houdin
Jean-Eugène Robert-Houdin

Jean-Eugène Robert-Houdin, est né à Blois le 7 décembre 1805. Il décède à Saint-Gervais-la-Forêt le 13 juin 1871. Considéré comme le père de la magie moderne, créateur de nombreuses illusions, il fut fondateur du Théâtre Robert-Houdin inauguré 11, rue de Valois à Paris en 1845 et transféré 8, boulevard des Italiens en 1854.

De par sa modernité, Jean-Eugène Robert-Houdin est considéré comme l’un des plus grands illusionnistes et prestidigitateurs de tous les temps, à l’origine de presque tous les « grands trucs » de la magie actuelle.

Bon nombre de magiciens assument son héritage, à l’instar par exemple de Stefan Leyshon qui, dans ses Dîners Secrets, veille à respecter son approche.

Preuve de son influence, La Maison de la magie, située en face du château de Blois, a été construite dans sa ville natale. Ouvert en 1998, ce musée lui rend hommage. Par ailleurs plusieurs villes ont une rue qui porte son nom : Blois, Bourges, Caen, Paris(11e), Saint-Étienne, Saint-Gervais-la-Forêt. L’illusionniste Harry Houdini a choisi son nom de scène en hommage à Robert-Houdin : en écrivant The Unmasking of Robert-Houdin en 1908, il rend hommage à son mentor, entre autres par la publication de documents historiques.

Jean-Eugène Robert-Houdin grandit à Blois dans la maison familiale au 4, rue Porte-Chartraine (maison qui deviendra en 1848 la première boutique de chocolaterie d’Auguste Poulain). Son père Prosper Robert, horloger très estimé, a une grande influence sur lui. Le paternel le destine au droit et lui fait poursuivre des études de lettres en internat au collège d’Orléans de 1816 à 1823. Jean-Eugène devient clerc de notaire chez maître Roger près de Blois. Mais sa passion pour la mécanique le rattrape et il démissionne. Malgré sa retraite, son père porte toujours un regard attentif au destin de son fils. En septembre 1825 il le met en apprentissage d’horloger chez un cousin à Blois.

Jean-Eugène Robert-Houdin devient ouvrier horloger en 1828 et débute son tour de France en travaillant chez l’horloger Noriet, à Tours. L’illusionniste raconte avoir rencontré durant cette période Torrini, un mystérieux saltimbanque qui lui aurait sauvé la vie et appris l’art de l’escamotage. La vérité de ces faits demande toutefois à être démontrée.

Le jeune homme tombe alors malade et pose ses valises dans la capitale. Cinq ans après le début de son apprentissage, il devient commissionnaire en horlogerie chez son futur beau-père, Jacques Houdin, horloger blésois fixé à Paris. Le 8 juillet 1830, il épouse Cécile Églantine Houdin. Désireux de se démarquer de ses confrères qui portent le même nom que lui, il se fait appeler J-E. Robert-Houdin. Au décès de son épouse en 1843, il fait une demande de changement de nom pour s’appeler officiellement Jean-Eugène Robert-Houdin.

Au fil des ans il devient un expert dans divers domaines : la construction d’automates, l’électricité et l’horlogerie.

Il dépose son premier brevet en 1837 : un « réveil briquet ». Il crée notamment des pendules mystérieuses dont le mécanisme est invisible, et ses propres automates. Il répare entre autres le « Componium », ancêtre des robots musicaux.

Loué pour sa créativité et ses multiples inventions, La Maison Destouche le recrute. Son « écrivain dessinateur », devient le centre de toutes les attractions lors l’Exposition nationale de 1844. Barnum en fait l’acquisition. Le marchand Alphonse Giroux le débauche et lui demande de fabriquer des automates.

Polyvalent et curieux, Jean-Eugene Robert-Houdin découvre l’univers de la magie dans le recueil d’un bonimenteur dénonçant le charlatanisme, le docteur Carlosbach.

Le 22 août 1844, il se remarie à Françoise-Marguerite-Olympe Braconnier pour donner une mère à ses deux enfants en bas âge. La même année Jean-Eugène Robert-Houdin décide de devenir magicien.

 

Le père de la magie moderne

Il modernise alors considérablement cet art. En effet, avant lui, les illusionnistes et les magiciens officiaient dans la rue dans les tenues extravagantes, utilisant des accessoires encombrants. Jean-Eugène Robert-Houdin donne ses lettres de noblesse à cet art ancestral. Cette métamorphose se manifeste notamment par son habillement, avec une tenue de soirée sobre, en usage à cette époque. Par ailleurs, il utilise des accessoires simples et raffinés, qu’il présente lors de spectacles dans un théâtre. Autre changement majeur : son discours s’agrémente de discours scientifiques, de boniment « plausibles » et d’arguments étayés. Parmi ses illusions majeures, citons la lévitation de son fils, l’oranger dans lequel il faisait apparaître les oranges dans lesquels ont retrouvé des mouchoirs des spectateurs, des automates ou encore « L’écrivain dessinateur ».

Le père de la prestidigitation moderne combattit également les charlatans. En 1956, le gouvernement français l’envoya ainsi en Algérie, afin de mettre fin à l’influence des marabouts, fomenteurs de révoltes contre l’occupant français. Le jeune illusionniste prouva aux Algériens que la magie blanche et française était supérieure à celle des marabouts. Dans ce cadre, il présenta notamment un tour nommé « Le coffre léger et lourd », où une jeune fille souleva un petit coffre sans aucune difficulté. Il en fut tout autrement lorsqu’il demanda un homme musclé d’en faire de même avec le même objet. Le gouvernement français le gratifia d’une récompense en remerciement de ses efforts patriotiques.

Les Soirées fantastiques de Robert-Houdin

Son ami le comte de L’Escalopier lui financa le Théâtre des soirées fantastiques, un théâtre de magie à Paris. La première représentation à lieu le 3 juillet 1845. Les « Soirées fantastiques de Robert-Houdin » se déroulent au 11 rue de Valois, au Palais-Royal. Le public se précipitait pour voir les automates tels que L’Oranger merveilleux ou Le Pâtissier du Palais-Royal, La bouteille inépuisable, La Suspension éthérée et Le Voltigeur au trapèze. Toutes ces inventions modernisent considérablement l’are de la prestidigitation.

Robert-Houdin retourne vivre à Saint-Gervais-la-Forêt près de Blois, au « Prieuré ». Le jardin de cette propriété est truffé nombreuses inventions de son cru.

Loue pour sa créativité, Jean-Eugène Robert-Houdin révèle le modus-operandi de ses inventions dans ses mémoires et révèle ses procédés pour les magiciens et les mentalistes. Il publie également des articles pour La Grande Encyclopédie Larousse.

Son fils, le capitaine Eugène Robert-Houdin, décède le 10 aout 1870 à la bataille de Reischoffen pendant la guerre de 1870. La mort prématurée de son fils sur le front l’affecte particulièrement. L’année suivante, Jean-Eugene Robert-Houdin meurt à son tour à Saint-Gervais-la-Forêt le 13 juin 1871. Le magicien est enterré au cimetière de Blois, sa ville natale.

Hervé Troccaz – Magicien mentaliste à Paris

Publications de Jean-Eugène Robert-Houdin

Confidences d’un prestidigitateur, une vie d’artiste, 2 vol., 1858
Les Tricheries des Grecs dévoilées ; l’art de gagner à tous les jeux, 1861
Le Prieuré, organisations mystérieuses pour le confort et l’agrément d’une demeure (1867)
Note sur de nouveaux instruments propres à l’observation des divers organes de l’œil ainsi qu’à la manifestation des images entoptiques (1867)
Confidences et révélations, 1868. Réédition : Slatkine, Genève, 1980
Comment on devient sorcier : les secrets de la prestidigitation et de la magie, 1871
Magie et physique amusante, 1877

La maison de la magie à Blois

7 commentaires sur “Jean-Eugène Robert-Houdin

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